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Culture

L’indépendance de la Catalogne : la vision des Madrilènes

Écrit par Anthony

Les derniers évènements qui ont eu lieu en Espagne sont le résultat d’une des plus grandes crises politiques du pays des dernières années. Le conflit provoqué par la célébration d’un référendum fait en Catalogne sur l’indépendance de la communauté sur l’État, illégal selon la Constitution espagnole, a provoqué des doutes sur l’avenir et l’union du pays. Voici une mise au point objective et impartiale sur le conflit de l’indépendance de la Catalogne et ses conséquences.

L’origine du conflit

Photo de Jordi Payà Canals via VisualHunt

Il est clair que ce problème trouve ses origines dans les précédentes décennies et à plusieurs niveaux. Cependant, le début de ce conflit a lieu dès septembre 2012 quand le processus souverainiste est déclenché pour l’indépendance de la Catalogne afin que celle-ci devienne une république démocratique autogérée. Cette même année, le Pacte fiscal est officialisé. Il permet à la Catalogne de se doter d’un nouveau système fiscal en récoltant des impôts et en décidant quel montant verser à l’État espagnol, sur le modèle basque. Au même moment, le Parlement de la Catalogne approuve une résolution pour réaliser un référendum d’autodétermination, avec Artur Mas comme président. La négociation du Gouvernement espagnol sur le pacte fiscal provoque des élections anticipées au Parlement catalan, avec le CIU comme parti vainqueur et le pacte avec le ERC, lesquels signent alors un pacte de gouvernance qui inclut la consultation populaire sur le futur politique de la Catalogne. En 2013, la déclaration de souveraineté et le droit de décider du peuple catalan au Parlement de Catalogne est approuvé mais suspendu peu après par le tribunal constitutionnel, pour éviter un référendum sur l’indépendance. Cependant, le 9 novembre 2014, un vote avec plus de 2 millions de personnes et 80,76 % des voix en faveur de la déclaration d’un état indépendant est tenu puis déclaré nul par le tribunal constitutionnel car anticonstitutionnel. En 2016, Carlos Puigdemont, président de la Catalogne, lance un nouveau processus souverainiste avec pour objectif de célébrer un référendum pour obtenir le droit de décider du futur de la Catalogne sur l’État. Malgré toutes les mises en garde du gouvernement et de la justice espagnole sur l’illégalité et l’irrégularité de cette convocation, le référendum sur l’indépendance de la Catalogne est mené. Cet évènement cause de nombreux incidents entre les votants et le corps policier de l’État. Résultat : plus de 800 blessées, selon le Gouvernement, laissant ainsi le pays dans une situation d’incertitude concernant le futur des deux partis.

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L’opinion des Madrilènes

Photo de Ahora Madrid via Visual Hunt

Évidemment, à Madrid, la tenue de ce référendum n’a pas été bien accueillie. Son caractère anticonstitutionnel est perçu comme une attaque à la démocratie espagnole, surtout pour les partis politiques, PSOE et PP. La mairie de Madrid pour sa part incite au dialogue entre les deux gouvernements pour arriver à un accord afin de maintenant l’unité du pays, en jouant même un rôle de médiateur au besoin. De ce fait, la mairesse de Madrid, Manuela Carmena, critique durement le président du gouvernement Mariano Rajoy pour son manque de dialogue avec les souverainistes, allant même jusqu’à dire « qu’un gouvernant qui ne sait pas négocier ne peut diriger le gouvernement », et qu’il doit démissionner. La majorité des voix venant de la Capitale espagnole appelle au calme et au dialogue pour résoudre le conflit, sollicitant aussi l’aide de la Commission européenne. Celle-ci se positionne clairement : elle n’interviendra pas dans les conflits internes au pays. Pour sa part, le roi Felipe VI fait un discours télévisé dans lequel il condamne le référendum illégal selon la législation constitutionnelle et accuse les politiques catalans de désobéissance.

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Avis des personnalités politiques

Photo de ventonero2002 via VisualHunt

Le leader de Podemos, Pablo Iglesias, une des figures politiques les plus charismatiques du pays, critique le discours du roi qui, selon lui, provoque plus de ressentiment envers le peuple catalan, en se rangeant derrière l’avis du Partido Popular. Il condamne aussi la violence excessive de la garde civile et de la police nationale pour retirer les urnes. De plus, il propose autant à Rajoy qu’à Puigdemont de pactiser avec l’aide d’un médiateur pour résoudre le conflit. D’un autre côté, Albert Rivera, leader de Ciudadanos, à l’instar du président du gouvernement espagnol José Maria Aznar, demande le recours de l’article 155 stipulant que l’État peut gérer une Communauté autonome qui manque à ses obligations constitutionnelles. Il veut aussi provoquer des élections anticipées.

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À propos de l'auteur

Anthony

Français d’origine, québécois d’adoption et espagnol de coeur, j’aime découvrir de nouveaux endroits et partager mes coups de coeur artistiques, culturels et gastronomiques

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