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Insolite

Six scènes choquantes au Musée du Prado

David
Écrit par David

Situé sur le Paseo del Prado, le Musée du Prado est célèbre pour exposer certaines des peintures les plus belles jamais produites mais il accueille également certaines des scènes les plus sombres jamais mises sur toile auparavant. Certains de ces travaux ont été faits par des peintres qui ont exprimé leur tourment intérieur à travers leurs travaux alors que d’autres étaient plus inspirés par la mythologie grecque ou romaine. Afin que vous ne les ratiez pas lors de votre prochaine visite au musée, ShMadrid vous présente les scènes les plus choquantes du Prado.

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Saturne dévorant un de ses fils

Photo via Pixabay

Le peintre Pieter Paul Rubens s’est inspiré d’un ancien poème romain appelé Les Métamorphoses écrit par le poète Ovide qui raconte l’histoire du Titan Cronos (romanisé en Saturne dans le titre), qui, craignant d’être détrôné par l’un de ses enfants, a mangé chacun d’entre eux à leur naissance. Sur la peinture de Rubens, Saturne dévorant un de ses fils (1636), on peut voir l’une des scènes les plus violentes et choquantes de toutes les œuvres de Rubens. La peinture a été à l’origine peinte pour décorer la Torre de la Parada à Madrid, un pavillon de chasse de Felipe IV, qui a commandé plusieurs peintures à Rubens pour décorer son domaine royal dans les environs de Madrid. Francisco Goya s’est probablement inspiré de la peinture de Rubens mais en a fait une version légèrement différente dans son Saturne dévorant l’un de ses fils (1820) : au lieu de peindre un jeune enfant, Goya a transformé la victime en garçon plus mature, déjà décapité dans la scène. On a dit que le Saturne dans la peinture de Goya était, en plus d’être dépeint comme extrêmement fou, également classé X puisqu’on a la preuve que Saturne était à l’origine peint avec un pénis en érection dans cette scène d’horreur. Son membre a probablement disparu lors du transfert de la peinture du mur de la maison de Goya à la toile ou alors, on a repeint par dessus avant que la peinture ne soit dévoilée au public au Prado.

L’exécution de Torrijos et de ses compagnons

Une scène réelle plus contemporaine qui a eu lieu à Malaga est L’Exécution de Torrijos et de ses compagnons (en espagnol, Fusilamiento de Torrijos), peinte par Antonio Gisbert en 1888. Cet ancien directeur du Prado était également peintre lui-même et a été commissionné pour peindre ce travail pour le gouvernement libéral qui l’utilisera comme un exemple de la défense de la liberté pour les générations futures. La peinture montre l’exécution du Capitaine et Général José Maria de Torrijos y Uriarte lorsqu’il fut fusillé par les troupes de Fernando VII sur la plage de Malaga en 1831.

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L’histoire de Nastagio degli Onesti

Photo de Pablo Zarate via VisualHunt

Sandro Botticelli s’est inspiré d’un conte italien écrit par Giovanni Boccaccio (1313-1375) dans son célèbre livre Le Décaméron (italien : Decamerone) et a peint L’histoire de Nastagio degli Onesti (1483) qui nous donne d’abord l’impression d’une scène d’horreur absolue qui se déroule dans la forêt. L’ensemble de la peinture consiste de quatre panneaux parmi lesquels, trois peuvent être trouvés au Musée du Prado et le quatrième dans une collection privée aux Etats-Unis. Terminée en 1483, les peintures ont été commandées par le florentin Lorenzo de Médicis en l’occasion du mariage de son filleul. L’histoire parle de Nastagio, un jeune italien de Ravenna qui se voit rejeté par sa fiancée et la femme qu’il aime et qui a quitté la ville pour reprendre ses esprits dans les environs. Dans les bois, il tombe sur une scène terrifiante d’une femme nue qui est chassée par un chevalier à cheval et un mastiff (la première peinture) duquel Nastagio essaie de la défendre à l’aide d’une branche. Sur la deuxième peinture, nous pouvons voir une scène plus cruelle encore dans laquelle Nastagio regarde avec horreur le chevalier capturer la femme, lui arracher le cœur pour le donner à manger à ses chiens. Nastagio est horrifié à la vue de cette scène mais dans l’histoire du Décaméron, la femme se remet soudainement debout, se met à courir et le chevalier et les chiens recommencent la chasse. Nastagio réalise alors qu’il a été témoin d’une chasse fantôme ou d’une malédiction en cours, qui lui sert de leçon sur l’amour et le rejet de sa fiancée. La malédiction apprend à Nastagio qu’il peut encore convaincre sa fiancée de l’épouser et il l’invite, elle et sa famille, pour un pique-nique dans la forêt pour qu’il puisse tous être témoin de cette malédiction. Nastagio agit ainsi avec l’espoir que sa fiancée, à la fin, acceptera de l’épouser, ce que l’on peut voir sur la peinture à l’arrière-plan sous la forme d’un serviteur qui s’approche de Nastagio avec un message de la dame disant qu’elle acceptera de l’épouser à la fin (troisième peinture). Le quatrième panneau, possédé par un collectionneur privé aux Etats-Unis, intitulé Le Banquet de Noces, montre la splendide célébration du mariage tenue sous une magnifique arche. Les invités sont assis à table, Nastagio et sa belle sont assis à la table principale. Les armoiries dans la peinture sont celles des familles Pucci et Binni, une allusion à leur propre mariage pour lequel les peintures ont été commandées.

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À propos de l'auteur

David

David

Artiste urbain et écrivain installé à Barcelone.

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